Le Petit Chose

Le Petit Chose

Le Petit Chose
Alphonse Daudet

Après avoir lu « Fromont jeune et Risler aîné »* d’Alphonse Daudet, j’ai été impressionné par la qualité de son écriture, la construction du récit et son aptitude à bien décrire les personnages et à les faire évoluer dans l’histoire. Ce roman fait partie d’un ensemble intitulé « Mœurs parisiennes », ce qui peut surprendre pour un écrivain à la réputation provençale (« Les lettres de mon moulin », « Tartarin de Tarascon »…)

J’avais envie d’en savoir un peu plus sur Daudet. Je suis reparti à la base avec « Le Petit Chose », son premier roman, en grande partie autobiographique. Le héros, Daniel Eysette est né dans le midi. Mais très tôt son père fait faillite, revend son usine et la famille s’exile dans un petit appartement de Lyon. Arrivé en cours d’année, Daniel est moqué par ses camarades et professeurs pour sa taille et son embonpoint. On le traite de « Petit Chose », surnom qui lui restera longtemps. Car devenu adulte, il grandira très peu. Un handicap lorsqu’il deviendra répétiteur dans un collège.

La famille Eysette est éclatée. Sa mère à Lyon, son frère à Paris, son père sur les routes à chercher du travail. Daniel se fixe deux objectifs : réussir dans la poésie et reformer sa famille. Il monte à Paris, rejoint son frère et va connaître amour, désillusion et drames.

Sur sa prime enfance, Daudet s’est totalement inspiré de sa propre vie. Il en va autrement pour la partie « parisienne » du roman dans laquelle il fait mourir son frère, ce qui n’est pas arrivé dans la réalité. On fait souvent lire « Le Petit Chose » aux enfants. Bien sûr la partie de la jeunesse du héros, seul et abandonné à lui-même n’est pas sans rappeler le David Copperfield de Dickens. Mais le récit est beaucoup moins sombre.

Sur le style et la composition : l’ensemble est assez maladroit. L’auteur parle de son personnage à la troisième personne puis, parfois, à la première personne ce qui peut dérouter. Son amourette avec la fille d’un marchand de vaisselle qu’il trouve tour à tour belle ou moche désoriente aussi le lecteur. Bref, on sent qu’il y a l’étoffe d’un grand écrivain, mais que ce n’est pas encore abouti.

* Voir mon article au sujet de ce livre : http://jeanlouislebreton.com/?p=1279

jllb

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