L’affaire Henri Lucenay, suite…

L’affaire Henri Lucenay, suite…

Les courageux qui m’ont suivi savent que je cherche à expliquer un mystère : qui était derrière l’écrivain qui signait « Henri Lucenay » et qui a publié romans, nouvelles et poésie entre 1880 et 1907 ? Et pourquoi avoir choisi ce pseudonyme ?

Avec l’aide de quelques amis, j’ai pu rapidement établir qu’il s’agissait de Marie-Léonie Devoir, née en 1853 et dont Colette dans ses mémoires dit qu’elle était la petite fille du marquis de Saint-Georges. Mais pas facile de remonter l’ascendance de Marie-Léonie. Une recherche sur Généanet nous apprend qu’elle est la fille de Louis-Victor Lucien Devoir (1808-1869) et de Jeanne Blane.

Pas de marquis de Saint-Georges en vue, sauf si ce marquis est le père anonyme de Lucien Devoir ou celui de Jeanne Blane.

En fouillant le Net, j’ai trouvé l’acte de mariage de ses parents et je me suis aperçu que sa mère ne s’appelait pas BlanE mais BlanC ! Voilà au moins une erreur réparée. Mais impossible de remonter la piste de sa mère. J’ai de l’admiration pour les Communards qui ont tenté de révolutionner la société en 1871, mais je ne leur pardonne pas d’avoir fait cramer toutes les archives d’état civil de Paris en brûlant l’Hôtel de Ville. Moralité, je bloque sur les grands-parents de Marie-Léonie Devoir.

Qu’à cela ne tienne, je cherche toujours à comprendre pourquoi elle a choisi le pseudonyme de « Henri Lucenay » alors que (selon Colette) son grand-père était marquis de Saint-Georges.

Eh bien voilà du nouveau.

En faisant des recherches avec mon ami Hugues de Lestapis sur les familles nobles de France, nous avons découvert les faits suivants : en 1794, Adélaïde Randon de Lucenay a épousé Jean-Baptiste Vernoy de Saint-Georges. Bingo, bingo et super bingo ! Les Lucenay et les Saint-Georges sont donc bien liés par le mariage ! Ils ont eu trois fils :

1) Jules Henri Vernoy de Saint-Georges né le 15 juillet 1799 à Paris, décédé le 24 décembre 1875. Il se proclame « marquis de Saint-Georges » mais n’a pas d’enfant officiel.

2) Jean-Baptiste Vernoy de Saint-Georges (1810-1869) qui lui-même aura une fille.

3) Hippolyte qui ne vivra pas.

C’est le premier qui m’intéresse, même s’il n’a pas officiellement d’enfant. Pourquoi ? Parce qu’il se fait appeler « Henri de Saint-Georges, marquis de Saint-Georges », et qu’il est un homme de lettres important : auteur dramatique, romancier, librettiste nous dit sa fiche Wikipedia. Il a dirigé l’Opéra-Comique en 1829 et a connu le succès comme dramaturge. Il a écrit des livrets d’aventures : « la Reine de Chypre », « Le planteur », « Le Nabab », « La rose de Florence », « La fille du Pharaon », « Jaguarita l’Indienne », etc. S’il est vraiment le grand-père de Marie-Léonie Devoir, on comprend qu’elle soit tombée en littérature et que le premier roman qu’elle ait écrit, « La femme qui mord » soit un pur roman d’aventures à la façon du papy. On comprend aussi pourquoi elle a choisi le prénom de plume « Henri » comme son grand-père et le nom de famille « Lucenay » comme son arrière-grand-mère. De ce côté-là, tout se met en place !

Reste que le lien de sang n’est pas prouvé. J’ai trouvé les extraits de naissance de 5 « Jeanne Blanc » (la mère de Marie-Léonie) qui sont nées à Paris entre 1806 et 1818. L’une d’elles est sans doute sa mère et (peut-être) la fille naturelle du marquis de Saint-Georges. Ça reste à prouver.

Tout comme il me reste à trouver la date du décès de Marie-Léonie. Si elle est morte il y a plus de 70 ans, son œuvre est tombée dans le domaine public. Et ça, c’est très intéressant !

À suivre…

jllb

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